Le bonheur au travail

Aujourd’hui, la crise économique touche le monde entier et fragilise le monde du travail. Le Burnout menace beaucoup de travailleurs et constitue une véritable préoccupation pour les dirigeants.

Dans ce contexte difficile pour les employés, le bonheur au travail est-il encore possible ? Le concept de l’employé heureux est plutôt récent et très actuel.

Cinq auteurs s’accordent pour dire que le travail peut rendre heureux. Isabelle Coutant et Michel Gollac dans un article du Monde intitulé « Travailler peut-il rendre heureux » évoquent les souffrances au travail et proposent des solutions. Jean-François Dortier, en introduction d’un dossier des Sciences Humaines « Travail : du bonheur à l’enfer », interroge les auteurs et les lecteurs sur cette problématique. Philippe Laurent parle de la passion au travail dans le texte « L’homme passionné par son travail n’a pas le sentiment de travailler ». Quant à Jérôme Tougne dans « Le plaisir au travail en période de crise » extrait Des Echos, prône la valorisation du travail à une époque où il faut faire plus avec moins de moyens.

Après avoir vérifié le constat des bienfaits du bonheur au travail au travers des écrits des auteurs, nous verrons que l’aspect social est en cause et notamment les relations au travail. Enfin nous étudierons les nouvelles politiques d’entreprises qui favorisent le bonheur au travail et par conséquent la performance sociale et financière des structures de travail.

 

Les bienfaits du bonheur au travail

De nos jours, il est encore possible de rencontrer des salariés qui éprouvent du plaisir dans leur travail quel que soit leur niveau hiérarchique, le salaire perçu, qu’ils travaillent dans le public ou le privé, dans une petite ou grande entreprise.

Ce bonheur, source d’investissement, augmenterait la productivité et diminuerait l’absentéisme, selon Tougne.

Pour Coutant et Gollac l’implication est plus aisée chez les cadres car la rémunération est plus importante et leur position les rends maitres des organisations. En effet, l’employé réagit mal s’il se sent exploité. Il ne doit pas être en souffrance car il vit cet état comme un échec personnel.

Le plaisir au travail rend les journées plus courtes et apportent un sentiment d’efficacité accrue. Pour Laurent, il est possible d’oublier les contraintes du travail et de multiplier ses forces par passion pour son travail. Cette dernière amplifie les capacités d’une personne mais elle n’est pas une obligation pour être heureux au travail. L’ambition aussi pourrait favoriser ce sentiment de bienêtre.

 

Aspect social et relations au travail

Cependant, ce bonheur au travail n’est pas accessible à tous. Les causes sont diverses et les cinq auteurs apportent des éléments en lien avec le social et les relations au travail.

La démotivation des salariés provient, selon Tougne, de facteurs tels que la rigidification des organisations, l’implantation de normes qui homogénéisent les pratiques, suppriment les problèmes en multipliant les contrôles hiérarchiques.

La crise et les contraintes économiques contraignent à des changements fréquents d’organisations pour optimiser le travail et obtenir un meilleur rendement. Les conditions de travail se dégradent, des avantages sociaux sont perdus et Dortier parle de violence ordinaire. Les auteurs de l’article du Monde parlent de « destruction du collectif et des valeurs » et pour Laurent, la passion ne facilite pas pour autant la relation autres.

Enfin l’augmentation de la charge de travail dans un contexte d’instabilité des carrières n’incite pas le personnel à donner le meilleur de lui-même. Bien au contraire, la motivation est liée à une attente de récompense ou à une peur d’une sanction.

 

Les nouvelles politiques d’entreprise

Dans ce contexte très négatif, les entreprises sont en recherche de solutions pour redonner une motivation aux employés. De nouvelles politiques d’entreprises favorise le plaisir au travail.

Une amélioration de la gestion du temps est une solution qui permet d’adapter les horaires de travail à la vie personnelle, limitant ainsi la pression et la résistance collective. Pour Coutant et Gollac, les managers doivent reconstituer des liens sociaux collectifs par une stabilité et une confiance retrouvée dans l’action des syndicats et des politiques.

Le personnel doit être valorisé par la mise en place de formations, par le développement de l’autonomie et des responsabilités. La possibilité de pouvoir prendre des décisions que les employés jugent pertinentes responsabilise.

Par contre, les évaluations sont un frein pour certains employés et dénotent un manque de confiance. Elles devraient être supprimées. La parole doit être donnée pour avoir le sentiment d’appartenir à une équipe.

De plus, les possibilités d’évolution de carrière sont une source de satisfaction à consolider par la sécurité de l’emploi.

Enfin la nouveauté et le défi sont des motivations intrinsèques qui transmettent un sentiment de maitrise, selon Tougne. Les travaux collectifs en donnant la parole à tous favorisent la communication non violente. Le soutien et la reconnaissance de l’encadrement au quotidien favorisent le bonheur au travail. Laurent ajoute que la passion est facilitatrice dans l’approche de cet état. Elle provient souvent des capacités propres à chaque individu.

 

Le bonheur au travail semble être une condition indispensable pour obtenir épanouissement et efficience. Maslow, psychologue considéré comme le père de l’approche humaniste, l’évoquait avec sa pyramide des besoins. Si le niveau 1 des besoins physiologiques ne s’applique pas au monde du travail, le niveau 2 des besoins de sécurité entre déjà dans la constitution du bonheur au travail. Les trois niveaux suivants avec le besoin d’appartenance, le besoin d’estime et le besoin de s’accomplir montent en puissance dans la recherche de contentement.

La dégradation des conditions de travail liée à la crise ne favorise pas le bienêtre des employés et bien au contraire conduit à une détérioration des relations sociales. Le climat dans les entreprises devient néfaste et conduit à une baisse de la productivité.

Cependant, le monde de l’entreprise prend conscience que les organisations fonctionnent mieux lorsque les gens se sentent bien. La recherche de solutions se développe et s’oriente vers la coopération entre les différents niveaux de la hiérarchie. Il s’agit de la méthode de développement de l’intelligence collective.

Actuellement, on voit apparaitre des entreprises dites de nouvelle génération comme Google qui propose à ses salariés des espaces de détente. Cette nouvelle politique apporte-t-elle vraiment plus de bonheur au travail ?

 

Bibliographie :

COUTANT Isabelle, GOLLAC Michel. Travailler peut-il rendre heureux ? Le Monde. 2010. Juin. N°398.

DORTIER Jean-François. Travail : du bonheur à l’enfer « Peut-on ré enchanter le travail ? ». Sciences humaines. 2012. Novembre. N°242. p.30-49.

LAURENT Philippe. L’homme passionné par son travail n’a pas le sentiment de travailler. Express [en ligne]. Publié le 09/08/2012. <http://www.lexpress.fr/emploi/gestion-carriere/l-homme-passionne-par-son-travail-n-a-pas-le-sentiment-de-travailler_1147914.html> (17/02/2017).

TOUGNE Jérôme. Le plaisir au travail en période de crise. Les Echos [en ligne]. Publié le 30/01/2013. <http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2013/01/30/cercle_64327.htm> (17/02/2017).

4 réflexions sur “ Le bonheur au travail ”

  1. Odet sur

    Je trouve que l’article est bien construit et j’ai apprécié tout particulièrement la partie sur « Les nouvelles politiques d’entreprise » car cette partie montre à quel point les entreprises cherchent de nouvelles méthodes pour améliorer les conditions de travail des employés et ainsi faire en sorte que ces derniers soient heureux d’aller au travail.

  2. Bastien MERLANCHON sur

    Votre analyse du Bonheur au travail est très intéressante. Votre ouverture sur les nouvelles politiques des entreprises en faveur du bien être des employés laisse paraitre l’existence d’un sujet qui semble tout aussi intéressant que le votre.

  3. DANELUZZI sur

    Ce thème sur le bonheur au travail est très intéressant. En effet avec notre société actuelle nous pensons d’abord au coté négatif pour seulement subvenir à nos besoins cependant la façon dont vous avez aborder les bien faits et assez complète et réaliste. La motivation des personnes est essentielle au bon fonctionnement de la société.

  4. BENTO sur

    Le bonheur au travail est un sujet d’actualité autour duquel je me suis moi-même penché, et c’est pour cela que voir quel était votre point de vue m’a intrigué. De toute vos parties je trouve que celle sur « les bienfaits du bonheur au travail » est la plus intéressante et facile à comprendre. Elle permet au lecteur de se mettre dans la peau du travailleur ou de l’étudiant qui va rechercher le bonheur dans ce qu’il réalise. Et cette recherche de la perfection lui permet de s’améliorer de jour en jour et de s’épanouir dans ce qu’il fait.
    En revanche vous n’évoquez pas les anciennes visions du travail comme l’esclavage ou le travail avant 1950.
    Votre synthèse est bien construite et agréable à lire, un bon travail qui m’a captivé pendant sa lecture.

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